Confidences

Brice Fargeon aurait promis 3 à 4 milliards à Maganga Moussavou pour « trahir » Ali Bongo

Brice Fargeon aurait promis 3 à 4 milliards à Maganga Moussavou pour « trahir » Ali Bongo
Les trois protagonistes de cette sombre affaire de jeu de pouvoir © 2020 D.R./Info241

C’est en tout cas, ce qu’a soutenu mardi matin l’ancien vice-président du Gabon, limogé en mai dernier. Invité de l’émission « Gabon politique » sur Radio Gabon, Pierre Claver Maganga Moussavou a dit toute sa vérité sur les véritables raisons de son éviction. Se disant loyal et fidèle à Ali Bongo, il aurait refusé les 3 à 4 milliards que lui proposait l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, Brice Laccruche Alihanga Fargeon, pour « rejoindre son camp ». En colère, le patron de l’AJEV accusé de détournements et de corruption par les autorités gabonaises, aurait finalement obtenu sa tête au juteux poste de vice-président du Gabon. Le tout sans qu’Ali Bongo n’en sache jamais rien !



Un extrait de l’émission radio

Lire aussi >>> Kevazingogate : Maganga Moussavou et Mapangou virés par Ali Bongo !

Pierre Claver Maganga Moussavou a livré sur Radio Gabon, les dessous de son éviction de la vice-présidence du Gabon. Invité de l’émission « Gabon Politique », diffusée tous les mardis à 10h05, l’ancien vice-président a livré sa part de vérité qui enfonce beaucoup plus l’ancien directeur de cabinet présidentiel et ministre qui voulait visiblement ravir le fauteuil d’Ali Bongo. Cet appétit présidentiel aurait été exacerbé par le violent accident vasculaire cérébral qui continue d’accabler Ali Bongo depuis deux ans.

Fargeon ou la boulimie du pouvoir

« Monsieur Brice Laccruche Alihanga Fargeon en tant que citoyen français, voulait prendre le pouvoir », a avancé sans langue de bois l’ancien vice-président, évincé sur fond de scandale lié à l’affaire de la disparition de 353 containers de Kevazingo. « Lorsque le président de la république est tombé malade (en octobre 2018, ndlr), il m’a demandé d’être de son camp », a révélé Pierre Claver Maganga Moussavou. Une proposition qu’il aurait décliné, affirme t-il : « C’est ainsi que monsieur Brice Laccruche Alihanga a souhaité me donner 3 à 4 milliards pour que je sois dans son camp ».

Lire aussi >>> Maganga Moussavou : « cela fait plus d’une année que je n’ai pas rencontré Ali Bongo »

Des révélations qui montrent bien que le pouvoir de Libreville n’a pas jeté ce franco-gabonais en prison pour les seuls griefs de détournements de fonds publics qui sont légion parmi les acteurs du régime demi-centenaire de la famille Bongo. Ces chefs d’accusation officiels masqueraient bien volontiers celui de renversement d’Ali Bongo, dont la famille dirige le pays de père en fils depuis 1968. Pierre Claver Maganga Moussavou pointe à demi-mots le choix du lieu de convalescence d’Ali Bongo comme à l’origine de sa mise à mort publique dans la quête de pouvoir de Brice Fargeon et de sa horde.

Le lieu de convalescence d’Ali Bongo

« Il fallait que le président (Ali Bongo, ndlr) aille soit à Londres soit au Maroc. Comme le président de la Cour constitutionnelle, le Premier ministre Issoze Ngondet, le ministre des Affaires étrangères Régis Immongault, le ministre de la Défense nationale [Etienne Massard] Makaga, nous avons dit que le président de la République était mieux au Maroc et nous y sommes tenus. Nous avons reçu des menaces », a balancé l’ancien vice-président limogé. Devant l’affront que lui aurait fait vivre ces personnalités, Brice Laccruche Alihanga Fargeon aurait ainsi entrepris de les limoger l’un après l’autre. Ce qui fût !

L’ancien vice-président et Ali Bongo

Si en croit donc Maganga Moussavou, ce n’est aucunement son immixtion auprès d’un exploitant chinois de Kevazingo mais la colère noire de l’ancien homme fort du palais présidentiel qui l’aurait écarté de son poste très honorifique. Une version des faits que ne révèle que maintenant l’opposant modéré d’Ali Bongo. Brice Fargeon emprisonné depuis décembre, ne pourra pas rebondir sur ces propos qui montrent bien l’envers de son arrestation et son ascension fulgurante dans le premier cercle de pouvoir d’Ali Bongo.

Une ascension qui lui sera monté à la tête au point de vouloir acheter à coup de milliards de nos francs, de hautes personnalités de la sphère de pouvoir pour renverser Ali Bongo. Affaire à suivre....


Newsletter de Info241.com

Inscrivez-vous maintenant pour recevoir notre newsletter quotidienne


Info241.com s'engage à ne pas vous envoyer de messages non sollicités. Si vous changez d'avis, vous pourrez vous désabonner de cette newsletter à tout moment.

Commenter l'article