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Crise post-électorale

Un huissier et des hommes armés au domicile de Jean Ping, leader de l’opposition gabonaise


Politique
  • Jean Ping contraint de recevoir l’huissier et les hommes armés cagoulés © 2017 D.R./Info241
Publié le 13 octobre 2017 à 10h37min

Une cinquantaine d’hommes lourdement armés et encagoulés qu’accompagnait un huissier de justice ont rendu une curieuse visite ce vendredi matin à Jean Ping, chef de file de la Coalition de l’opposition, à son domicile de Libreville. Il s’agissait d’une saisie immobilière à la suite d’une condamnation de celui qui se présente toujours comme le président élu du Gabon dans une affaire l’ayant opposé à l’un des nombreux bras droit d’Ali Bongo, Hervé Opiangah en 2015. Alors qu’il était victime d’un caillassage de son domicile, la justice gabonaise avait étonnamment condamné l’ancien président de la Commission de l’Union africaine à verser plusieurs milliards de nos francs au bénéfice du conseiller présidentiel pour diffamation.

Lire aussi >>>Affaire Opiangah vs Ping : le procès pour diffamation reporté au 26 mars

Cette source proche de la garde rapprochée de Jean Ping, nous informe également « que l’ancien président de la Commission de l’Union africaine est entendu en ce moment par un huissier commis par le gouvernement controversé du despote-président Ali Bongo ». Une vidéo parvenue à la rédaction d’Info241, montre un échange avec des hommes lourdement armés, tous encagoulés à l’intérieur du domicile du leader de la Coalition, entre un huissier, commis par le gouvernement controversé du Gabon expliquant qu’il souhaite saisir la maison d’habitation de Jean Ping, s’il ne versait pas la bagatelle somme qui se chiffre en millions d’euros.

Une vue des lieux

La vidéo que nous avons visionnée, nous informe qu’il s’agit de l’amende pour diffamation dans l’affaire qui lui a opposé à Hervé Opiangah en mars 2015. Selon Jean Ping qui ne faiblit toujours pas malgré la menace des hommes armés jusqu’au dent, il a demandé aux forces armées encagoulées de l’arrêter s’ils le désiraient. Car il s’agit de la seconde plus grosse amende en millions d’euros, pour diffamation fixée par la justice gabonaise ou la plus grosse amende de histoire de la justice mondiale. Justice gabonaise aux ordres d’Ali Bongo. Ne faut-il pas voir en cette action autocratique une machination politique ?

Hervé Patrick Opiangah, conseiller spécial et homme à tout faire d’Ali Bongo, avait porté plainte contre Jean Ping fin janvier 2015 pour diffamation, arguant que l’ex-président de la commission de l’Union Africaine l’avait désigné, sur sa page Facebook, comme l’un des principaux commanditaires des jeunes qui avaient vandalisé son domicile de Libreville. Le tribunal de première instance de Libreville avait condamné Jean Ping à des lourdes amendes après le procès en diffamation

Rappelons que la résidence à Libreville de Jean Ping, avait été vandalisée par plusieurs centaines de jeunes qui, arrivés par petit groupe, banderole à bout de bras, avaient pris d’assaut son domicile. Expliquant, les faits, le leader de l’opposition gabonaise avait indiqué : « Ils ont commencé par casser ma caméra de surveillance et le compteur d’électricité puis ont allumé un feu devant le portail et lancé des cailloux, des bouteilles et toutes sortes de projectiles. Et ces jeunes avaient affirmé d’eux-mêmes, qu’ils avaient été envoyés et rémunérés pour réaliser cette basse besogne par le conseiller d’Ali Bongo, Hervé Patrick Opiangah ».

Conforté par les résolutions de l’Union européenne qui ont dénoncé la fraude électorale et les violations des droits de l’homme du régime dictatorial d’Ali Bongo, le leader de l’opposition gabonaise, Jean Ping qui se présente comme le véritable Président élu de la République gabonaise continue de revendiquer sa victoire presque certaine à la présidentielle du 27 août 2016. Signalons que lors d’une note d’information récemment adressée à la diaspora gabonaise de France, le natif d’Omboué a réaffirmé son engagement à faire respecter la vérité des urnes, exprimée par l’expression du suffrage universel lors de la présidentielle du 27 août 2016 et à restaurer l’état de droit au Gabon.


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