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Pressions internationales

Après 21 jours, Ali Bongo renonce à sa liste noire d’opposants ne pouvant quitter le pays


Politique
  • La pluie de sanctions d’Ali Bongo ne visait que les partisans de Jean Ping © 2017 D.R./Info241
Publié le 9 septembre 2017 à 06h04min

Alors qu’elles n’avaient pas communiqué sur l’interdiction de quitter le territoire gabonais qui frappait, selon nos informations une soixantaine de personnalités de l’opposition, sous la pression de la communauté internationale dont celle de l’Union européenne, les autorités gabonaises ont annoncé hier la fin de ladite mesure jugée « illégale » par les concernés. Une mesure secrète et discrète en violation des dispositions légales constitutionnelles en vigueur au Gabon qu’avait dû reconnaître le ministère de l’Intérieur dirigé par Lambert-Noël Matha après avoir été forcé de commenter l’interdiction de sortie du territoire de plusieurs opposants gabonais.

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Ça y est ! Après 21 jours de sanctions contre ses opposants ne reconnaissant toujours pas sa légitimité et menaçant selon lui de le renverser par la rue, sous la pression internationale, Ali Bongo et ses sbires renoncent à sa liste noire de personnalités de l’opposition interdites de sortie du territoire. C’est le ministère de l’Intérieur qui l’a annoncé hier soir, cette fois officiellement, précisant désormais que "l’ordre public et la sécurité intérieure n’étant pas menacés". Il aura fallu tout ce temps et ses restrictions gouvernementales désobligeantes pour s’en convaincre !

Le ministère de l’Intérieur affirme avoir pris la mesure provisoire, sans en informer ni les populations ni les personnalités concernées, en raison du discours de Jean Ping appelant en président élu de la République gabonaise "ses partisans à l’insurrection et à la rébellion". Après avoir arrêtés plusieurs citoyens et des responsables de la Coalition pour la Nouvelle République dirigée par l’ancien président de la Commission de l’Union africaine (UA), les autorités gabonaises estiment que les choses seraient rentrées dans l’ordre, à en croire le communiqué parvenu à notre rédaction.

Raymond Ndong Sima, opposant modéré et ancien Premier ministre d’Ali Bongo qui a avait lui aussi fait les frais de cette mesure coercitive mercredi soir, avant de connaître une issue heureuse, avait indiqué jeudi : « Si nous sommes encore dans une République, nous devons tous nous obliger à en respecter les principes. La gestion de la chose publique ne peut pas se confondre avec celle des affaires personnelles (...). Comme a prévenu Mandela : Un système légal injuste fait naître le mépris pour les lois et ses règlements ».

Sachant qu’une pression de la communauté internationale notamment de l’Union européenne avait été exercée sur cette mesure tyrannique du régime d’Ali Bongo, comme le relève le post sur Twitter de l’eurodéputé allemand Jo Leinen, président de la mission d’observation électorale lors de l’élection présidentielle 2016 du Parlement européen :« la renonce sur la liste noire d’opposants est un premier succès de nos efforts et pressions. d’autres doivent suivre » a-t-il déclaré.

Il semble que la pression de la communauté internationale ait été entendue par le président controversé Ali Bongo et de son actuel ministre de l’Intérieur Lambert-Noël Matha. Selon le pouvoir gabonais, "l’ordre public et la sécurité intérieure" ne sont "pas" menacés. Sous entendu qu’ils ne l’étaient pas depuis le 18 août, date du discours musclé de Jean Ping à l’égard du pouvoir d’Ali Bongo.

Un revirement curieux tout même puisque le régime de Libreville a mis aux arrêts plusieurs partisans au motif de "trouble à l’ordre public et à la paix". Ce, alors que Jean Ping et ses partisans annoncent pourtant plusieurs sorties publiques ce week-end et dans les tous prochains jours. Pressions internationales ou reculade ? Tout laisse présager que le régime va t’en guerre d’Ali Bongo qui a décidé de s’imposer par la force des armes a cédé aux pressions de la communauté internationale. Affaire à suivre !


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