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Crise post-électorale

Allo ? Mais où sont donc passés les résultats définitifs de la présidentielle gabonaise ?


Analyse
  • Allo ? Mais où sont donc passés les résultats définitifs de la présidentielle gabonaise ? © 2016 D.R./Info241
Publié le 25 septembre 2016 à 12h17min

Il aura fallu 26 jours aux citoyens Gabonais, après avoir participé au scrutin présidentiel, pour connaitre le nom de leur nouveau et ancien président sortant. Le suspens n’aura finalement pas été utile. Le président sortant Ali Bongo a été déclaré victorieux, non du fait du suffrage direct issu des urnes mais de l’arbitrage de 9 juges constitutionnels, chargés de vider le contentieux électoral.

Contentieux électoral : la Cour constitutionnelle valide mot pour mot les prétentions d’Ali Bongo

L’arbitrage constitutionnel rendu pourtant « au nom du Peuple Gabonais », donné nuitamment au cours du vendredi fatidique, brille par son éternel parti pris et par son manque de conformité à la loi. Retour sur une victoire devant à l’épreuve du temps, une victoire institutionnelle non issu de l’arbitrage du suffrage universel dévolu aux électeurs.

Les 9 "super-électeurs" ont de nouveau choisi un Bongo

Les juges constitutionnels qui pretent serment devant Ali Bongo, n’ont visiblement pas dérogé à leur serment. Au fil des ans et peu importe le prénom du Bongo qui se présente, leur choix lui est tout acquis. C’est le sens à donner à la décision de la Cour constitutionnelle de vendredi qui a penché sur sa préférence institutionnelle longtemps éprouvé par les opposants qui défilent devant elle tous les 7 ans.

Ainsi la décision n°55/CC rendue vendredi nuit par la Cour constitutionnelle, n’a aucunement levé les doutes légitimes qui pesaient sur cette élection. Plusieurs anomalies subsistent et résultent de l’impartialité de cette cour, présidée par la belle-mère d’Ali Bongo. Celle-ci s’est empressée de donner raison au demi-frère de ses deux propres enfants, en totale violation de la loi électorale.

Marie-Madeleine Mborantsuo, prêtant serment devant Ali Bongo, le 24 Octobre 2012 à Libreville

En effet, selon la loi électorale et vu que la Cour constitutionnelle a été saisie pour vérifier la conformité de l’ensemble des PV de cette élection, bien malin est celui qui pourrait donner le nombre de province remporté par le victorieux Ali Bongo. Encore moins ceux perdu par Jean Ping. Au contraire, la Cour n’a finalement donné que les résultats ajustés du Haut-Ogooué en faveur d’Ali Bongo, sans nous dire ce qu’il est des 8 autres provinces d’autant qu’elle a annulé, à la demande d’Ali Bongo, 21 bureaux de l’Estuaire.

Quels sont donc les résultats de la province de l’Estuaire, de l’Ogooué-Maritime, de la Ngounié, de la Nyanga, de l’Ogooué-Lolo, de l’Ogooué-Ivindo, de l’Ogooué-Maritime et du Woleu-Ntem ? Visiblement seule l’annonce de la victoire d’Ali Bongo comptait sans nous donner le détail de cette « victoire » qui n’ignore pas notre démocratie, son peuple encore moins l’Histoire ! Seuls les résultats globaux comptaient pour les 9 juges constitutionnels.

Une décision arithmétiquement fausse

De plus, des différences notables existent arithmétiquement dans les résultats du Haut-Ogooué et ceux donnés comme finaux. Ainsi le candidat Dieudonné Milama Mintogo qui a pourtant obtenu 577 voix dans cette province selon la Cour, n’a plus que 386 voix au plan général soit 191 voix que les juges constitutionnels ont décidé d’ignorer volontairement. Une autre preuve de la partialité de cette décision qualifiée « d’inique » par l’opposition gabonaise et non conforme à la réalité des urnes par plusieurs observateurs et par les électeurs eux-mêmes.

Les résultats globaux proclamés par la Cour constitutionnelle

La Cour a décidé que les électeurs de 21 bureaux de Libreville, n’avaient à la demande d’Ali Bongo, pas droit de vote. Leur crime : avoir préféré un autre projet de société que celui du président sortant car ayant voté massivement pour Jean Ping. Une décision qui montre bien l’angle de vue de la tour de Pise qu’est la Cour constitutionnelle pour les élections présidentielles gabonaises. Seul le recours reconventionnel d’Ali Bongo a trouvé grâce aux yeux des 9 juges.

Une Cour au service du régime

La Cour qui a dit avoir vérifié et procédé au recomptage des voix de chacun des 2800 bureaux de vote du pays, n’a pas livré ses conclusions sur l’ensemble de ceux-ci. Seuls ceux dérangeant le président sortant ont été pris en compte et annulés sans aucune autre forme de procès. C’est cela la justice, que rend cette cour en privant ces électeurs de leur expression démocratique pourtant garantie par la même Constitution qui fonde l’exercice et les fonctions de ces 9 juges.

Voici la nature de la justice rendue au nom du Peuple Gabonais par les 9 arbitres de notre loi fondamentale ! Une Cour partialement acquise depuis 1993 aux seuls tenanciers du patronyme Bongo. Patronyme qui fait la fierté de la Cour au détriment du Peuple et de ses aspirations. Seules les celles du clan Bongo ont valeurs de loi !


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