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Crise institutionnelle

Ali Bongo réhabilite les coupables désignés de la non-tenue des législatives gabonaises


Analyse
  • Ali Bongo réhabilite les coupables désignés de la non-tenue des législatives gabonaises © 2018 D.R./Info241
Publié le 5 mai 2018 à 13h10min

Lundi 30 avril, la Cour constitutionnelle avait appelé à la démission du gouvernement gabonais pour n’avoir pas organisé à temps des législatives, déjà reportées à deux reprises depuis décembre 2016. La Cour qui pointant à demi-mots l’incompétence du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur, vient de se voir recadrer par Ali Bongo. Un Ali Bongo qui s’est employé depuis mercredi à faire mentir la cour sur l’incompétence présumée d’Issoze Ngondet et de Lambert-Noël Matha. Un crime sans coupable ?

La Cour constitutionnelle aura beau pointé l’incompétence du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur, Ali Bongo n’est pas de cet avis. C’est la lecture que l’on et tenté de faire de la reconduction surprise d’Issoze Ngondet jeudi et de Matha hier soir. A moins bien entendu que la maxime sur l’irréversibilité des décisions de la Cour constitutionnelle ait perdu tout son sens.

Marie-Madeleine Mborantsuo et ses 8 autres juges peuvent se plaindre de n’avoir pas toujours de 13e législature dans le pays, Ali Bongo croit lui que cette faute dommageable pour notre démocratie n’incombe pas au gouvernement dont il assure régulièrement la présidence des Conseils des ministres. A qui profite donc le crime ?Qui est donc le responsable de cet imbroglio institutionnel qui fait du Gabon un pays sans Assemblée nationale et sans députés ?

Issoze Ngondet non coupable !

Depuis sa prise de fonction le 28 septembre 2016 aux lendemains d’une présidentielle controversée, Emmanuel Issoze Ngondet s’est employé à organiser pour Ali Bongo le dialogue politique pour tenter de fumer le calumet de la paix avec une opposition modérée choisie sur mesure. Une fois ces accords dits d’Angondjé obtenus, le chef du gouvernement n’a ménagé aucun effort pour demander le report des législatives pour cause de force majeure à la royale Cour constitutionnelle.

Des requêtes légitimement accordées par une Cour dont le penchant pour le régime n’est aucunement à démontrer au fils des années. Depuis la fin du dialogue politique d’Ali Bongo en mai 2017, il s’est pourtant écoulé 11 mois durant lesquels le gouvernement qui avait pourtant pris soin de proroger le mandat des députés à 95% du parti au pouvoir, certainement pour faciliter la modification de la Constitution et des reformes promises. Le temps s’est écoulé sans que le délai du 28 avril n’a semblé émouvoir le gouvernement.

Matha, lui aussi !

Que dire alors du ministre de l’Intérieur Lambert-Noel Matha qui n’a pas daigné mettre en route la revision annuelle de la liste électorale que lui impose pourtant la loi ? Le ministre de l’intérieur dont l’activisme pro-régime ne fait aucun doute, ne s’est aucunement bougé de son fauteuil pour que les choses bougent.

Mieux, voyant que le délai fixé par la Cour constitutionnelle approchait à grands pas, ce n’est que le fin mars qu’il a donné le mot à ses équipes pour réunir la classe politique afin de procéder à la mise en place du Centre gabonais des élections, la nouvelle trouvaille institutionnaliste remplaçante de la Commission électorale nationale permanente.

Un empressement à dos d’âne qui a aboutit seulement le 26 avril à l’élection de Moise Bibalou Koumba à la tête du CGE. Rendant impossible la tenue du moindre scrutin au 28 avril, deadline que le gouvernement d’Issoze Ngondet s’était employé à respecter. Il n’y aura donc pas de coupables donc. Ce long retard à l’allumage qui pénalise plusieurs autres institutionns est à mettre au compte de pas de chance !

Et si le coupable se nommait Ali Bongo ?

En désavouant Emmanuel Issoze Ngondet et Lambert-Noel Matha désavoue clairement la décision de la Cour constitionnelle sur les responsables de cet échec lourd de conséquences pour nos institutions. Ali Bongo démontre par ce choix que ses ministres n’ont pas failli à la mission qui leur avait confiée. Une autre façon de dire qu’Ali Bongo n’est pas pressé de voir les institutions telles que l’Assemblée nationale jouer son rôle dans notre république.

Ayant obtenu une majorité soviétique dans cette 12e législature grâce au boycott des législatives de décembre 2011 par l’opposition, Ali Bongo semble appréhender ces nouvelles élections qui le priverait certainement d’une majorité confortable. Le président réélu après un scrutin controversé et serré face à Jean Ping, continue de jouer les maîtres de l’horloge politique sans empressement et sans réel entrain.

Un coupable désigné qui prend le parti de ses ministres pointés du doigt par la gardienne de notre loi fondamentale qu’est la Cour constitutionnelle, dont l’activisme dans sa décision de dissoudre assemblée nationale et gouvernement ont quelque peu surpris. Tout comme sa décision d’offrir à Ali Bongo l’opportunité d’avoir un gouvernement qui ne rendrait des comptes qu’à lui seul, sans contre-pouvoir donc.

C’est donc un gouvernement nommé par Ali Bongo et qui ne serra responsable que devant lui que le Gabon s’est doté au terme de ce jeu institutionnel sans suspens. Ali Bongo a ainsi renforcé son pouvoir qu’il avait déjà pourtant. A moins que l’objectif de cet empoignade ne visait finalement qu’à punir Richard Auguste Onouviet et ses députés. Les punir de quoi ? That is the question !


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