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Jeunesse sacrifiée

Alors que la jeunesse gabonaise se meurt, Ali Bongo parade au Forum mondial de la jeunesse


Analyse
  • Les jeunes opposants portant le corps du jeune Alex Messa abattu lors des émeutes du 31 août 2016 à Libreville © 2017 D.R./Info241
Publié le 6 novembre 2017 à 16h56min

Au moment où les étudiants de l’Université des sciences de la santé d’Owendo (CUSS), et de l’UOB et les jeunes lycéens sont régulièrement gazés, battus, empoignés, emprisonnés, réprimés violemment par les forces armées-milices gabonaises, lors de leurs grèves revendicatives, le taux du chômage des jeunes diplômés de moins de 25 ans a atteint plus de 35%, Ali Bongo, prend part depuis le 5 novembre jusqu’à ce lundi à Charm el-Cheikh en Egypte au Forum mondial de la jeunesse. Tandis qu’au Gabon, il n’existe plus de Ministère de la jeunesse et que les jeunes sont souvent pris pour cibles comme ce fût le cas lors des massacres perpétués par la milice du régime tyrannique de Libreville durant la crise post-électorale.

Le taux de chômage au Gabon est quatre fois supérieur à la moyenne des pays à revenu intermédiaire. Mais, au cours de ces assises, des prescripteurs, des leaders d’opinion, des dirigeants d’entreprise et de pays, le Ali Bongo, se prononceront devant des milliers de jeunes sur plusieurs sujets d’actualité. Ce forum sera également l’occasion pour le chef de l’Etat de s’exprimer lors d’un panel sur le thème de l’Union africaine pour 2017 : « Exploiter l e dividende démographique grâce à l’ investissement dans la jeunesse » .

Une jeunesse affaiblie par le chômage et un système éducatif en crise

Le rapport de la Banque mondiale note que l’emploi formel au Gabon a baissé de manière continue entre 1986 et 2010, le chômage affectant aujourd’hui une personne active sur cinq. Les jeunes, les femmes et les personnes bénéficiant d’une éducation supérieure sont particulièrement affectés. Le taux de chômage atteint ainsi 35,7 % chez les jeunes de 15 à 24 ans et 26 % chez les actifs de 25 à 34 ans, tandis qu’il est deux fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Près d’un quart des actifs ayant un niveau d’étude secondaire sont sans emploi, preuve qu’être diplômé ne constitue pas un rempart contre le chômage. Mais hélas, le festif oisif, le récréatif désopilant, le divertissement ineffable, la publicité grossière, les projets à dépenses faramineuses superfétatoires, tel est le credo de gouvernance politique d’Ali Bongo. L’ignorance du Peuple gabonais et de sa jeunesse demeure la pire de soumission du pays.

La période de campagne électorale a donné plus de liberté aux « fanatiques asservis » d’Ali Bongo, transformés en charlatans, de briller par une désinformation qui mérite aujourd’hui que la jeunesse refuse de cautionner cet endoctrinement médiatique. Plusieurs soutiens d’Ali Bongo et lui-même vantent les mérites rares de son offre politique articulée autour de la fameuse ’’égalité des chances’’ avec pour cible la jeunesse. Quid de son bilan en lien avec cette même jeunesse qui a été victime d’une recrudescence de crimes rituels, des privations des libertés publiques, d’un système éducatif en panne, d’un chômage galopant.

Ainsi, tous les projets des constructions d’universités et d’écoles supérieures bien que budgétisées sont toutes restées lettre morte ou elles demeurent toutes à l’étape des maquettes ou de simples effets d’annonces. Pour une jeunesse gabonaise « dite sacrée », « fer de lance de la nation », la bien aimée de tous les discours et hommes politiques à chaque échéance électorale, demeure toujours sacrifiée à l’autel des promesses politiques trompeuses depuis plus de 50 ans. Et raison gardée, Ali Bongo n’a pas fait mieux. Sinon pire que ces prédécesseurs dont ils canardent à chaque sortie publique.

Durant la mandature présidentielle d’Ali Bongo, les jeunes, les étudiants et les élèves sont les laissés pour compte. D’ailleurs, ils se font assassiner, emprisonnés, torturés embastiller maintes fois, par les exécutants forces de l’ordre quand ils se levaient pour revendiquer leurs droits. Simplement parce qu’ils aspiraient à ce que les missions régaliennes, le plus primaires du gouvernement, soient réalisées, à l’instar du paiement de leurs bourses d’études et de la viabilisation des politiques publiques éducatives en terre gabonaise.

En plus, pour tous les experts interrogés le système éducatif, universitaire et de formation professionnelle est en panne. D’après le Rapport sur la Croissance et l’Emploi en République Gabonaise, réalisé par la Banque Mondiale, en 2013, le taux très élevé de redoublement est la manifestation la plus flagrante du faible rendement interne du système éducatif gabonais. Le taux de redoublement, dans l’enseignement primaire, est le plus élevé de tous les pays du Monde pour lesquels cette statistique est connue. Le taux de réussite au Baccalauréat n’était que de 18,5% en 2015. D’après l’Enquête démographique et de santé du Gabon (EDSG), sur 100 filles qui entrent au CP, seules 16% atteignent ou achèvent les études supérieures contre 20% chez les garçons. Il n’y a pas solution miracle.

S’inscrivant dans le même son de cloche, les experts de l’éducation estiment qu’il faut améliorer les conditions d’enseignements, et d’apprentissage et faire en sorte que l’Education des jeunes fasse partie d’une vraie vision et d’un vrai engagement pour le développement du Gabon. Des Etats généraux de l’Education se sont tenues plus d’une fois, pour en proposer des solutions réalistes à la situation économique et sociale du pays. La volonté politique pour les mettre en œuvre a manqué cruellement et ce, au-delà des discours. Mais Ali Bongo a fait le choix du festif et du divertissement, des crimes rituels, de la corruption des mouvements associatifs comme projets phares pour la jeunesse gabonaise.

Quel bilan pour la jeunesse gabonaise après son septennat ?

Le bilan du dernier septennat d’Ali Bongo a entrainé la jeunesse gabonaise à se mobiliser contre le président contesté et controversé depuis sa maligne élection secourue par l’Elysée et les lobbys Françafricains se poursuit. Car sa politique envers la jeunesse se résumé par les énièmes effets d’annonces, maquettes hautes définitions non réalisées, des enfumages politiques de jeunesse répétés depuis 1967 par le parti au pouvoir. En président dictateur le génie extraordinaire du locataire du Bord de mer est de manier avec panache et opiniâtreté la politique spectacle de divertissement à ciel ouvert, d’ensommeillement de la jeunesse, sans retombées et bénéfices économiques, sans amélioration du bien-être et de son épanouissement.

Selon le communiqué de presse de la présidence autocratique gabonaise, la jeunesse gabonaise serait au centre du projet du despote Ali Bongo, lequel des projets ? Qui sera également présente au forum de Charm el-Cheikh. Conduite par le président du Conseil national de la jeunesse du Gabon, cette délégation composée de trois femmes et d’un homme rencontrera le président controversé durant ce forum. Exerçant dans les domaines de la restauration, de l’éducation, de la culture et des nouvelles technologies, ces compatriotes échangeront leurs expériences avec d’autres jeunes venus des quatre coins du monde.

Les jeunes Gabonais abasourdis ont assisté tout au long du septennat d’Ali Bongo,et dès l’entame de sa réélection controversé, le foisonnement d’événements festifs et distrayants. Ces derniers chers payés, au prix de la misère du peuple Gabonais et de l’asservissement de sa jeunesse visaient sans doute à soigner son image controversée : de fils du dictateur Omar Bongo, puis de dictateur-corrupteur et fraudeur habituel reconnu mondialement. Mais aussi de pilleur des deniers publics du Trésor Public Gabonais, de faussaire anticonstitutionnel, qui a tué dans la nuit du 31 août au 02 septembre 2016 des jeunes gabonais épris d’alternance démocratique et de justice Républicaine. Ce, par le biais des événements médiatiques relayés mondialement. Soldés par le truchement de l’argent du contribuable gabonais.

Toutes ses gâteries, péripéties dignes de rêves d’un enfant gâté sont indubitablement vides de sens. Toutes ses utopies accomplies avec les fonds publics gabonais, lui ont certainement permis de faire connaître son incompétence chronique dans la gestion de la chose publique aux yeux du monde. Malencontreusement, non par son pragmatisme, son dynamisme dans la réalisation des projets innovants et concrets pour le Gabon. Mais, Ali Bongo n’a pas manqué d’exprimer à la jeunesse gabonaise sa priorité pour son amour du luxe, des carrosseries, des voyages en yacht, des finales de coupe de Champions League, du mondiale brésilien, de l’arrivée onéreuse du roi Pélé. Projets médiatisés urbi et orbi. Comme la chaîne de télévision de l’épouse de son maître vaudou fétichiste, Maixent Accrombessi, EDAN TV. D’où son attachement aux lobbys mafieux du tristement célèbre couple publiciste Français, exilé depuis l’ère Sarkozy aux Etats-Unis, Richard et Cécilia Attias.

La jeunesse gabonaise note avec le mal du pays, l’éclat ensoleillé circonspect des réalisations effarement oisives, du carnaval brésilien, des courses nautiques, des motos show. Sans oublier les concerts des stars richissimes Américaines et Françaises. Et des événements aux élans strictement médiatiques comme la finale des trophées des Champions de France, PSG vs Bordeaux. Et la cerise sur le gâteau, l’arrivée du ballon d’or auréolé 4 fois, Léo Messi, payé aux frais de l’Etat à 3 millions d’euros pour un court séjour insultant. Où l’insouciant Léo Messi, s’est donné en spectacle irrespectueux pour la nation gabonaise avec un accoutrement décousu. Et pourtant reçu avec les honneurs d’un chef d’Etat, tapis rouge, accueil des ministres de la République, du cabinet de la Présidence de la République. Bain de foule à la gabonaise, avec étonnamment pour chauffeur Ali Bongo lui-même. Le comble du comble !

La jeunesse gabonaise éveillée comme tout le peuple Gabonais ont observé qu’au cours du mandat chaotique d’Ali Bongo, dont plusieurs Gabonais ont exprimé leur suffrage universel en tournant la page de cette présidence ratée, il y a eu la réalisation des projets à coups de milliards pour l’organisation de la CAN 2012. Malheureusement, sans retombées financières. Et pourtant revoilà qu’Ali Bongo a corrompu en précieuse collaboration avec Blaise Louembe, à coups de milliards de FCA, avec l’argent du pétrole gabonais, la CAF aux mains du businessman entreprenant Camerounais, le cupide Issa Ayatou, pour l’organisation de l’édition 2017. La jeunesse gabonaise est sacrifiée et corrompue à chaque période électorale où elle est utilisée de manière machiavélique pour remplir des meetings avec l’achat de conscience et en ’’bœufs-votants’’.


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