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Monarchie Constitutionnelle

Vomi par le peuple, Ali Bongo se rêve en « empereur » du Gabon


Politique
  • Vomi par le peuple, Ali Bongo se rêve en « empereur » du Gabon © 2017 D.R./Info241
Publié le 7 novembre 2017 à 19h01min

Le projet de révision constitutionnelle montre aux yeux du monde et de certains néophytes politiques qui pensaient détrôner Ali Bongo avec les Législatives qu’il se rêve en empereur autocratique du Gabon. Mais hélas, l’article 1.21 de la Constitution commande que : « Chaque Citoyen a le devoir de défendre la patrie et l’obligation de protéger et de respecter la Constitution, les lois et les règlements de la République ». C’est en résonnance à cette disposition de la Loi fondamentale gabonaise que le collectif Gabon Démocratie signe cette énième tribune en attirant l’attention de tout le peuple gabonais quant à la dangerosité de ce qui se prépare à être entérinée, c’est-à-dire, la mort pure et simple de la République gabonaise.

C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’appel patriote du sénateur Jean-Christophe Owono sur TV5 à la résistance populaire contre le saccage en règle de la Loi Fondamentale. Il aura été précédé de la Dynamique Unitaire, ou encore du très respectable Monsieur Zacharie Myboto, Président valeureux de l’Union Nationale. Même les partisans des législatives ont finalement compris qu’avec les modifications annoncées de la Constitution gabonaise, cette échéance électorale est rendue encore plus impossible voire dilatoire.

Sous d’autres cieux, alors que ne partageant pas la même Constitution de vaillants femmes et hommes ont bravé l’autoritarisme pour protéger leur totem, leur héritage, leur bien à tous, car la Constitution est le bien du peuple. Ainsi Faure Eyadema au Togo, Ibrahim Boubacar Keita au Mali, Joseph Kabila Kabange en République Démocratique du Congo (Congo Kinshasa) sont freinés dans leurs volontés hégémoniques par leurs peuples défendant leur Constitution. Yayi Boni, Blaise Compaoré se sont carrément « cassés les dents » pour avoir tenté une fois de trop de tripatouiller leur loi fondamentale !

Au Gabon, la monarchisation du régime par le projet de réforme de la Constitution est en marche. L’illégitimité d’Ali Bongo Ondimba, l’illégalité des députés et de la Cour Constitutionnelle sont d’ailleurs des symboles de ce changement de régime, de cette monarchisation. Il faut cependant préciser qu’ici, le terme « monarchisation » est employé pour la facilité de compréhension du texte. En effet le monarque (apprécié ou non), tient sa légitimité de sa lignée familiale, de son hérédité.

L’empereur quant à lui tient sa souveraineté de sa violence et de sa seule volonté de fonder un nouvel ordre ! Cela n’est pas sans rappeler les images pathétiques du couronnement de Jean-Bedel Bokassa, paré d’atours totalement anachroniques et hors contexte ! Ridicule et démesure, deux traits de caractère que les deux hommes ont certainement en commun qui doivent faire craindre aux gabonais des dérives du même type de la part d’Ali Bongo !

D’autant que la Constitution qui impose dans son article 116 que la révision de la Loi Fondamentale, lorsqu’elle ne se fait pas par voie référendaire, se fait après le vote des deux Chambres, par adoption du Parlement réuni en Congrès. Or, il faut le répéter à l’envi, les députés sont depuis le mois de Février 2017 dans un mandat impératif strictement prohibé par l’article 39 de la Constitution, et pourtant curieusement accordé par la Cour Constitutionnelle dirigée par dame Marie Madeleine Mborantsuo, en violation totale de l’article 4 de la Constitution.

En effet, le défaut de dotations financières pour invoquer, le report des élections législatives ne peuvent en aucun cas constituer un cas de force majeure au sens de l’article 4 susmentionné, puisque dans le même temps, le Gabon a trouvé lesdites dotations chiffrées en milliards de FCFA pour organiser la Coupe d’Afrique des Nations de Football, le Dialopgue politique d’Agondjé ! De fait, les députés (tels des moutons allant à l’abattoir) qui doivent se réunir en Congrès exercent illégalement. Ils n’ont donc aucune compétence, aucune légitimité, ni aucune légalité pour adopter les mesures fantasmagoriques du dialogue d’Agondjé.

Pour que chacun comprenne de quoi il en retourne et le danger qui guette le peuple gabonais, voici un tableau analytique de la réforme des institutions prévue (Commission n°1). Mais qu’Ali Bong le sache, les Gabonais n’assisteront pas impuissants à son sacre, à l’instar des Centrafricains de Jean-Bedel Bokassa. Il ne verra pas la France, ventre à terre (comme jadis) adouber le nouvel empereur. L’Union Européenne, la Communauté Internationale et surtout les Gabonais empêcheront cela.

Monarchisation du régime d’Ali Bongo

● Modifications de l’article 8 Ali Bongo se décharge de toute forme de partage de pouvoir avec le gouvernement et le Premier Ministre. Met fin au bicéphalisme pour être seul tout puissant à la tête de l’État.

● Modification de l’article 28 alinéa 1er Cohabitation prévue mais formelle car encadrée d’une part par l’article 8 modifié qui fait du Président de la République le « Tout-puissant-, mais aussi par l’article 36 modifié.

● Modification de l’article 36 Prévoit dans la Constitution actuelle le contrôle de l’exécutif par le Parlement, imposera désormais ce contrôle sur les seules actions du Gouvernement. Ainsi les errances et détournements d’Ali Bongo Ondimba ne seront assumés que par ce Gouvernement. Le renfort de la Cour des Comptes dans le contrôle du Gouvernement est un leurre car des mécanismes de contrôle posés aux articles 75 et 76 de la Constitution sont déjà prévus s’agissant de la Cour des Comptes. Ces procédures ne sont tout simplement pas respectées. Ali Bongo devient seul maître à bord à l’image d’une monarchie absolue.

Le cloisonnement de la justice au profit du monarque Ali Bongo

● Modification de l’article 89 sur la Cour Constitutionnelle : Ali Bongo Ondimba s’arroge une majorité très confortable en nommant 2/3 des membres : 3 en tant que président de la République et 3 en tant que président du Conseil National de la Magistrature. C’est une supercherie de faire croire que son pouvoir de nomination est limité. Il est bien au contraire renforcé pour éviter toute discussion possible en cas d’élections ou encore de violations des droits fondamentaux...

● Modification de l’article 78,79 et 80 sur la Haute Cour de Justice. Ces articles seraient désormais confondus dans le seul article 78 relatif à la HCJ. Elle comprendrait, au lieu de 13 membres actuels,21 membres : – 6 membres Assemblée Nationale – 6 membres Sénat – 9 membres Cour Constitutionnelle
En apparence, Ali Bongo n’apparaît pas comme autorité nominatrice de la HCJ. Cela ressemble à une avancée démocratique car on ne peut être juge et partie.

Cependant, en y regardant de plus près,l’on s’aperçoit que parmi les 9 membres de la Cour Constitutionnelle, le Président en aura préalablement nommé 6.Confère art.89 modifié supra. S’agissant de la mise en accusation, la majorité absolue des membres composants chacune des chambres est requise. En d’autre terme, la moindre absence rend impossible une mise en accusation du président de la république.
La HCJ ne serait plus compétente que pour le PR de La République. Les autres personnalités précédemment concernées ne serait attrait que devant la Cour de Justice de la République ou devant les juridictions de droit commun. Ainsi, Ali Bongo organise son impunité juridique et juridictionnelle.

Le monarque Ali Bongo et la chambre d’inquisition

● Article 67,79 et 80 posent la création et la compétence de la nouvelle Cour de Justice de la République. Elle ne concerne que le vice président de la république, des présidents et vices présidents des corps constitués et des membres du gouvernement.
Pour les actes commis à l’occasion de leur fonction .Lorsqu’ils perdent leurs fonctions, ils sont désormais attrait devant les juridictions de droit commun, même pour les actes commis alors qu’ils étaient encore en fonction.

Une aberration juridique dont seul Ali Bongo en a le secret. Les membres, au nombre de 13 sont désigné comme suit : – 7 pour le Conseil National de la Magistrature dont il est le président – 6 pour le Parlement au prorata des membres. Là encore il a la main mise sur la mise en place de la CJR. Elle devient de fait une chambre d’inquisition pour mater les ministres … récalcitrants aux ordres du monarque Ali Bongo.

Et pour éviter toute alliance entre des personnalités fortes du gouvernement et les membres du parlement, il leur fait perdre le privilège de juridiction pour les faire juger devant les tribunaux où elles seront à la merci des procureurs zélés et autres petit juges corrompus.C’est un non sens juridique puisque les actes commis lors de leur fonction ne devraient être connu que de l’instance compétente dans ce domaine, à savoir la CJR.

Le testament d’Ali Bongo ou la succession de sa lignée sur le trône

● Modification de l’article 10 sur la validité des candidatures à la magistrature suprême Age minimum de 40 ans et résidence de 12 mois sur le territoire seraient abrogés tout comme l’impossibilité de concourir pour les titulaires de double nationalité ayant exercé des fonctions importantes dans leur second pays.

En d’autres termes, en cas de vacances très prochaines du pouvoir pour quelques raisons que ce soit, Malika et Noureddine Bongo seraient de prétendants sûrs à la succession.

Avec Le Collectif Gabon Démocratie


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