09:31

Justice

Ali Bongo : « Les attentes du peuple gabonais, au nom duquel la justice est rendue, sont insuffisamment satisfaites »


Société
  • Photo de l’ouverture de la session du Conseil supérieur de la magistrature © 2017 D.R./Info241
Publié le 9 septembre 2017 à 15h18min

Le Gabon vit depuis 50 ans une recrudescence d’une justice aux ordres qui s’exprime par des arrestations et emprisonnements jugés arbitraires par l’opposition et la société civile gabonaise. A l’occasion de l’ouverture de la session du Conseil supérieur de la magistrature, qu’Ali Bongo préside, ayant refusé de respecter le suffrage universel gabonais exprimé le 27 août 2016 a constaté « que les attentes du peuple gabonais, au nom duquel la justice est rendue, demeuraient insuffisamment satisfaites ». Tout en indiquant le serment du magistrat politisé au Gabon qui a « juré de remplir consciencieusement ses fonctions, de respecter scrupuleusement la loi, de garder religieusement le secret des délibérations et de se conduire comme un digne et loyal Magistrat ». Quel génie du déni de la réalité !

Ali Bongo en procédant le 07 septembre dernier à l’ouverture de la session du Conseil supérieur de la magistrature, a étrangement déclaré ce qui suit : « Oui ! La dignité du magistrat est fondamentale dans le respect que doit inspirer la Justice au Citoyen. La mauvaise tenue, l’agitation et tous les autres comportements déviants vous affaiblissent, affaiblissent la Justice et déstabilise l’édifice de l’Etat de droit ». Alors qu’en est-il de l’utilisation abusive de la justice pour les arrestations violentes et emprisonnements jugés arbitraires par l’opposition gabonaise ?

Insigne obligation de dignité et d’équité, besoins de formation, réorganisation du déploiement des magistrats dans le cadre des affectations, ceci dans l’optique de permettre le bon fonctionnement des différentes juridictions dès la rentrée judiciaire d’octobre prochain : la session qui s’est ouverte le 07 septembre 2017 à Libreville marque un tournant porteur d’espérance à la mesure des attentes citoyennes. Lesquelles ? « J’ai toujours souligné avec insistance la nécessité d’offrir aux justiciables, une justice libre et indépendante, droite et tolérante, forte et équitable qui doit, comme d’autres domaines, assurer l’égalité des chances en étant au service de tous, sans distinction aucune », a indiqué paradoxalement Ali Bongo qui a fait de la justice gabonaise son bras armé pour s’imposer à la magistrature suprême et pour bâillonner les aspirations citoyennes d’alternance démocratique au Gabon.

Chaque fois que j’ai pris la parole devant vous, précise étonnamment Ali Bongo : « J’ai toujours rappelé la place prépondérante de la Justice dans notre pays. C’est pourquoi, depuis mon accession à la magistrature suprême, j’ai instruit que les politiques publiques en matière de Justice soient prioritairement orientées vers les objectifs visant le renforcement de l’Etat de droit, l’amélioration du climat des affaires et de l’offre des services publics de la Justice ». De quelles politiques publiques évoquent le président controversé gabonais lorsqu’on sait que les hommes en robe sont régulièrement dans la rue pour protester contre la politisation et l’embrigadement de la justice gabonaise. Une justice soumise aux injonctions du palais préisidentiel du bord de mer.

A cet égard, a affirmé Ali Bongo, premier en tous lieux et à chaque instant a bafoué les lois gabonaises sans manquer de piétiner à l’envi la Constitution gabonaise avec la précieuse aide de sa belle mère Marie Madeleine Mborantsuo : « J’ai toujours souligné avec insistance la nécessité d’offrir aux justiciables, une justice libre et indépendante, droite et tolérante, forte et équitable qui doit, comme d’autres domaines, assurer l’égalité des chances en étant au service de tous, sans distinction aucune. Je constate malheureusement que les attentes du peuple gabonais, au nom de qui la Justice est rendue, demeurent insuffisamment satisfaites ». Un diagnostic vérifiable sur le terrain dont le locataire du palais présidentiel est le premier responsable.

« Le magistrat doit être un homme libre au service du droit et de l’Etat. Mais cette liberté ne saurait être la licence  », a curieusement martelé Ali Bongo au cours de son allocution prononcée en présence du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Francis Nkéa, des présidents de Hautes Cours, des Procureurs généraux, du Commissaire général à la loi, de l’Inspecteur général des services judiciaires, des Présidents des Cours d’Appel. Tout ajoutant étrangement : « Je vous exhorte donc à vous consacrer au travail qui fait de vous des hommes et des femmes respectables dans la vie, utiles à leurs semblables et d’honorant leur corps. Je voudrais à nouveau espérer que nous avons tous une claire conscience des enjeux du moment ».

Soulignons que si la justice gabonaise et divers magistrats étaient vraiment libres, soucieux de l’esprit et de la lettre de leur serment Républicain rendu au nom et au service du peuple gabonais, si la justice et ses magistrats faisaient scrupuleusement leur travail en toute indépendance, Ali Bongo Ondimba et les tenanciers de son régime seraient pour beaucoup incarcérés à la prison centrale de Libreville à nos jours. Mais étant président du Conseil supérieur de la magistrature et ayant le pouvoir de nomination de ses magistrats, la justice équitable est une chimère en terre gabonaise.


Laissez un commentaire
© 2013-2017 Binto Media Group |  Mentions légales |  Conditions générales |  Rejoindre la rédaction |  Flux RSS |  Publicité |  Binto Media Group |  Placer votre pub sur le site
Passer à la version mobile