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Aveux d’impuissance

Ali Bongo reconnait les écoles « porcheries » et « sans nom » de son œuvre politique


Analyse
  • Une des nombreuses écoles publiques sans latrines du Gabon © 2018 D.R./Info241
Publié le 10 mars 2018 à 00h28min

Ali Bongo est décidément un homme incompris, doublé de « visionnaire » dont la parole et les promesses semblent peu ou pas être prises en compte par ses propres équipes. Le 31 décembre dernier, il avait pourtant annoncé « un vaste plan de réhabilitation des écoles publiques ». Près de trois mois après cet énième discours gonflé d’espoirs lunaires, rien n’est venu poindre à l’horizon du bien-être de l’élève gabonais. C’est à croire que ses « décisions personnelles » n’intéressent plus personne encore moins son équipe gouvernementale, occupée à autre chose.

Ali Bongo s’est dit jeudi 8 mars, en colère que plusieurs de ses mesures annoncées lors de son dernier discours à la nation n’aient été suivies de faits. C’est le cas notamment dans le secteur de l’éducation où il avait promis réhabiliter plusieurs écoles publiques. Depuis ce fameux discours, rien n’a été fait dans ce sens par le gouvernement d’Emmanuel Issoze Ngondet pour traduire la volonté de leur patron.

D’où le courroux d’Ali Bongo qui a réuni plusieurs membres de son gouvernement en charge pourtant de cette question. Ali Bongo qui est pourtant au pouvoir depuis 2009, leur a annoncé que dans le pays qu’ils dirigent ensemble, plusieurs écoles n’étaient que de nom ou encore que certaines d’entre elles pouvaient être qualifiées de « porcheries ». Une lucidité soudaine, éveillée par l’action de son épouse samedi dernier, via sa fondation, à l’école publique Nzeng Ayong lac, située dans le 6e arrondissement de Libreville.

La vidéo de la réunion d’urgence d’Ali Bongo

Sans cette action de salubrité publique de son épouse, Ali Bongo n’aurait certainement pas eu vent de la situation d’extrême urgence de l’école publique gabonaise. Où les élèves, l’élite de demain, sont contraints de faire leurs besoins dans la nature, comme au paléolithique. Merci qui ? Merci Sylvia Bongo-Valentin et sa fondation qui dit avoir dépensé la modique somme de 16 millions pour nettoyer une école publique, le temps d’un samedi. Rien que ça !

Cette inertie montre au moins qu’Ali Bongo ne connait pas l’étendue peu reluisante de sa tâche dans ce secteur. Encore moins que les décisions qu’il prend en tant que chef de l’exécutif, n’ont guère peu d’écho favorable chez ses proches collaborateurs, chargés de mettre en musique ses pensées et promesses politiques. Un homme seul à la vision incomprise, comme le soulignait à juste titre en son temps Bruno Ben Moubamba, qui lui, a été écarté de son entourage immédiat.

Ce coup de gueule d’Ali Bongo à son équipe dont il sait qu’elle profite de tels projets « pour se faire de l’argent » ou « enrichir leurs proches », montre bien les limites de sa parole et le respect qu’elle incarne chez les siens. Après n’avoir construit aucune école durant son premier septennat, Ali Bongo pourrait encore bien faire encore plus mourir l’école gabonaise, victime d’un président qui n’a visiblement aucun pouvoir !


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