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Discours à la nation

Ali Bongo continue de rêver d’une « démocratie » gabonaise monocolore !


Analyse
  • Ali Bongo continue de rêver d’une « démocratie » gabonaise monocolore ! © 2018 D.R./Info241
Publié le 2 janvier 2018 à 13h34min

Le Gabon dirigé au forceps du soutien indéfectible de la Cour constitutionnelle au régime d’Ali Bongo, n’est surtout pas un pays en crise politique. Ali Bongo y a pourtant prorogé à deux reprises le mandat épuisé d’une l’assemblée nationale monocolore, contrôlée à plus de 90% par son seul parti. Sachant que l’année 2018 sera décisive pour son pouvoir controversé et contesté par l’opposition, Ali Bongo a décidé de « passer aux actions » qui manquent semblent-il, cruellement à ses 8 premières années de pouvoir. Quid des promesses électoralistes d’une année 2018 électorale !

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Ali Bongo le sait, s’il veut se maintenir au pouvoir et rêver de terminer son mandat en toute quiétude, il lui faut conserver l’Assemblée nationale sous domination de son parti le parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir depuis 1967). Avec le soutien indéfectible de sa belle-mère à la tête de la Cour constitutionnelle, Ali Bongo sait que les législatives à venir, qu’il ne cesse de repousser, seront capitales et fatales pour son avenir politique tyrannique.

Un discours et des promesses électoralistes

Croyant toujours les remporter cette fois à la régulière - à la différence de la présidentielle d’août 2016, remportée frauduleusement grâce au soutien institutionnelle de la Cour constitutionnelle - Ali Bongo ne s’est pas adressé dimanche soir aux gabonais en tant que ’’Président de la République’’ mais en tant que président d’un parti politique despotique, à la veille d’une échéance capitale. Les législatives. C’est donc en tant que leader du PDG qu’il a pris la parole pour promettre de l’immédiateté à sa politique, vieille de 8 années sans grands résultats probants. Sinon ponctuée des myriades de promesses électorales non tenues et des projets pharaoniques restés à l’étape de maquette HD.

Dimanche soir, c’est donc un Ali Bongo, chef de parti politique qui s’est surpris à promettre un « changement radical de gouvernance » avec l’annonce de plusieurs mesurettes prévues comme par heureux hasard pour le premier trimestre 2018 ! Drôle de coïncidence à l’éveille d’une joute électorale importantissime. Les législatives qu’ils tentent de faire tenir en avril 2018 alors que celles-ci devraient avoir eu lieu depuis décembre 2016, actions propagandistes qui devraient donc ainsi bénéficier aux candidats de son parti qui pourraient avoir des arguments de séduction à vanter devant les électeurs.

La chasse aux électeurs est ouverte !

Le choix de promettre la mise en place d’un fonds d’un milliard pour les 54 départements du pays qui en manquent cruellement, est la parfaite illustration. Tout comme les mesures sanitaires annoncées dans des localités reculées de l’arrière pays, déjà bien connues pour être des déserts médicaux si ce n’est des mouroirs. Des mesures soudaines, d’un président qui a pourtant 8 années au pouvoir et une très longue carrière de député de l’hinterland.

Une manœuvre dilatoire qui montre bien que les mesures annoncées à grande vitesse le 31 décembre lors de la présentation de ses vœux éhontés de nouvel an n’ont qu’une valeur électoraliste. Censée donner du grain à moudre aux candidats PDGistes sur le terrain électoral. Car comment comprendre que les 500 logements/an promis pourtant depuis 2009, censés profiter à l’ensemble aient été si cruellement peu évoqués. De même que les promesses vigoureuses faites à la jeunesse : un jeune un métier, université d’Oyo etc. Ne parlons plus de la politique nationale de la jeunesse, de la construction des universités provinciales...

Le président et son assemblée monocolore

Avec son discours de dimanche, Ali Bongo a une fois de plus résumer le bien-être des gabonais et l’amélioration de leur quotidien à de simples annonces électoralistes, véritable poudre de perlimpinpin, expression cherre à Emmanuel Macron, sans fond et surtout sans long terme. Un signe avant-coureur de la fébrilité qui l’anime à propos de ces législatives. Car en 2011, son parti avait raflé la mise à l’assemblée nationale en raison non pas de son poids électoral mais de l’absence de challenger. L’opposition avait appelé au boycott de ces législatives.

Le double renouvellement du mandat des députés actuels par voie institutionnelle, montre bien qu’Ali Bongo se plait à diriger le Gabon avec une « démocratie despotique », ’’une vision partisane’’ de la gestion de la chose publique, taillée pour lui vouer des louanges dithyrambiques et aucunement pour respecter les aspirations citoyennes ni pour résoudre les problèmes sempiternels qui minent le pays tant sur le volet politique, économique encore moins social ou territorial.


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