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Peuple en danger

Ali Bongo conforte son statut de dictateur en puissance au Gabon


Analyse
  • Ali Bongo conforte son statut de dictateur en puissance au Gabon © 2017 D.R./Info241
Publié le 2 septembre 2017 à 14h13min

Le pouvoir rend fou, le manque de reconnaissance du peuple encore plus. Ali Bongo mois après mois, épouse désormais sans réserve son statut assumé de dictateur africain. Ses opposants et autres citoyens gabonais qui le contestent ont d’ores et déjà perdu le droit d’être de simples humains bénéficiant de droits fondamentaux dans leur propre pays. La nation est plus que jamais militarisée et les opposants traqués pour les empêcher de nuire à minima à la stabilité de la famille Bongo et de son clan du PDG qui dirigent le pays pétrolier depuis 50 ans.

Ali Bongo n’a que 58 ans mais figure déjà parmi les plus grands dictateurs africains. Arrivé au pouvoir grâce au soutien inconditionnel de Nicolas Sarkozy en 2009, l’héritier d’Omar Bongo et de la Françafrique a rapidement pris ses marques pour manipuler à souhait les présidentielles, réprimer "son" peuple et faire régner un climat de terreur permanente à ses contradicteurs.

Le peuple est muselé quand les plus courageux ne sont pas emprisonnés sans le moindre espoir de jugement équitable. Les exemples de Landry Ami Washington et de Bertrand Zibi Abegui en sont là la parfaite illustration. Un pouvoir sans limite qui n’hésite pas à marcher sur les procédures légales, à enfermer selon les nécessités de cette dictature enfantée par Omar Bongo peu après les indépendances.

Un piètre dictateur devenu

Sous son jeune règne, Ali Bongo a déjà à son actif plusieurs disparitions de Gabonais et deux élections présidentielles remportées de main de maître avec le soutien de la Cour constitutionnelle dirigée par sa belle-mère, la tristement célèbre Marie Madeleine Mborantsouo. Celle-ci après avoir été longtemps la maîtresse attitrée de son père, lui est restée fidèle dans son œuvre malsaine d’accaparement du pouvoir présidentiel. Un couple institutionnel démoniaque qui n’éprouve ni regret de leur basse besogne encore moins des souffrances qu’il inflige sans vergogne à toute une nation d’hommes libres.

Vivement contestée après l’élection présidentielle du 27 août dernier, le jeune dictateur ne sait plus à quel saint se vouer pour mater sans grand bruit les anciens collaborateurs de son père qu’il a envoyé grossir les rangs de l’opposition. Un dictateur françafricain décidément rompu à la tâche qui n’a pas hésité à faire bombarder à l’arme lourde le quartier général de son principal rival Jean Ping et d’y tuer de nombreux gabonais désarmés. Le dictateur qui visiblement s’ignore, aura même avoué à la presse française avoir fait abattre « 4 pillards » lors des contestations de sa réélection d’août dernier bien que le code pénal gabonais ne prévoit pas une sentence aussi capitale.

Une froideur à toute épreuve !

Ali Bongo est donc cet être froid qui abat et tue sans le moindre remords. Un père de famille qui n’hésite pas à faire couler le sang d’autres enfants issus des familles gabonaises sans la moindre prise de conscience manifeste. Toute action répressive est aussitôt légalisée pour le seul dessein de demeurer au pouvoir vaille que vaille. Une leitmotiv qui a déjà coûté la vie à plusieurs dizaines de Gabonais qui lui réclamaient pacifiquement le droit d’élire souverainement le premier responsable du pays.

Pour ne rien arranger, l’apprenti dictateur n’a toujours pas, même un an après son forfait éponyme, réussi à calmer la contestation de son pouvoir. Pourtant, il croyait à sa bonne étoile en organisant un dialogue pour distribuer les miettes qu’il avait toujours voulu garder pour lui seul et sa cohorte de croyants providentiels à son destin insensé. Après l’échec de sa kermesse politique, Ali Bongo n’a guère désormais le choix que de sortir le bâton de la dictature qu’il manie tel un roi face à ses sujets gabonais.

Aussi a t-il décidé en plus du bâillonnement de la presse d’Etat, d’interdire toute manifestation publique qui lui serait hostile, l’enfermement des citoyens récalcitrants à sa légitimité et désormais l’interdiction à ses opposants de quitter le territoire national sans qu’aucune charge officielle n’ait été reconnue contre eux. un glissement tout-répressif qui montre aussi bien la fébrilité de son régime et son envie d’en découdre avec une caste d’opposants qu’il a lui-même contribué à garnir le contre-effet. Tel un boomerang jeté dans le vide, Ali Bongo a réussi à s’offrir une opposition à sa mesure qui lui garanti de pas savourer à sa guise le pouvoir qu’il a usurpé avec ses fanatiques obligés.

Le monarque raté

A l’aide d’un pourvoir constitutionnel et judiciaire à sa merci, le jeune prodige de la françafrique sème la mort et la terreur dans le pays sous les yeux hagards de la Communauté internationale, aussi spectatrice impuissante que les victimes de son envie irrésistible de demeurer président à vie. Décisions iniques rendues au nom d’un "peuple gabonais" qui lui se meurt de l’appétit désormais vorace et hégémonique de ce musicien raté, un pseudo père de famille qui n’a de considération que pour la belle Sylvia et leurs 4 "magnifiques" enfants, appelés eux aussi à prendre le relais de ce cycle infernal de pouvoir familial.

Les autres enfants de la Nation, ceux de son peuple sont de la chair à canon qu’il use sans humanisme et retenue. Ali Bongo grandit dans l’art de martyriser son fameux peuple qui lui a refusé de continuer à présider à sa destinée. Non moins content d’une telle décision, le fils adoptif de Bongoville né plusieurs fois au Congo, a décidé de dresser ce peuple à ses désirs obscurs. Ceux de faire de lui un président qui se croit aimé des seuls profito-situationnistes qui se sont adjugés comme lui, le droit de contraindre tout un peuple à leurs envies effrénée de richesses et de corruption tout azimut.

Comme dans toute dictature qui se respecte, les actions de la police et de l’armée sont édictées en toute illégalité par le pouvoir présidentiel qui s’arroge le droit de vie et de mort sur les humains qui peuplent ce pays, toujours sous giron français. D’ailleurs l’intitulé du ministère de la Défense en charge des Affaires présidentielles en dit long. Et ce, malgré le changement de présidence en France, Emmanuel Macron concentré sur sa lutte contre les flux migratoires explosifs et le terrorisme islamique provenant d’Afrique est toujours resté silencieux face aux lamentations du peuple gabonais. Le président français feint d’ignorer qu’il y a parmi les immigrés, les exilés forcés en France de nombreuses victimes des dictatures et de déni de démocratie comme c’est le cas au Gabon. Ce qui traduit une sorte d’adoubement tacite des exactions commises contre ces populations sans défense.


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