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Vacance de pouvoir

Absence prolongée d’Ali Bongo : Quand Mborantsuo balade l’intérêt supérieur de la Nation


Analyse
  • Absence prolongée d’Ali Bongo : Quand Mborantsuo balade l’intérêt supérieur de la Nation © 2019 D.R./Info241
Publié le 24 février 2019 à 10h43min

Victime d’un accident vasculaire cérébral le 24 octobre en Arabie Saoudite, Ali Bongo continue de faire vivre le Gabon et ses institutions au gré de sa maladie. Au point où le pays n’a plus tenu de conseil de ministres depuis des mois, les fonctions publiques ne sont plus pourvues. Tout ceci parce que le régime au pouvoir ne veut pas se risquer à déclarer la vacance de pouvoir, de peur de voir debout les démons de la discorde et des ambitions au sein du parti hégémonique au pouvoir.

L’absence prolongée d’Ali Bongo et l’entêtement ouvert à pas déclarer la vacance de pouvoir continue de faire marcher le Gabon à reculons. Outre le fait que depuis le Conseil de ministres controversé du 16 novembre, là aussi artificiellement institué par la Cour constitutionnelle, plus aucun conseil ne s’est tenu dans le pays voilà 3 mois. Le Gabon institutionnel continue de payer cher la convalescence marocaine d’Ali Bongo.

Des conséquences institutionnelles

Encore une conséquence que l’absence prolongée d’Ali Bongo, couvée par la Cour constitutionnelle. Alors qu’Ali Bongo avait fait nommer son ancien Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, comme nouveau médiateur de la République, celui-ci a décliné malicieusement cette nomination en arborant son écharpe de député le 21 février dernier. Défiant ainsi ceux et celles qui avaient osé le ranger au placard de cette fonction sans intérêt. Le poste est donc vacant et une institution de la République demeure sans tête.

Issoze Ngondet arborant fièrement son statut de député

Alors que les collaborateurs de la Présidence gabonaise et ceux du gouvernement continuent de clamer haut et fort qu’Ali Bongo va mieux et pourrait bientôt regagner le Gabon, le pays tourne au ralenti avec un Gabon sans conseil des ministres depuis plus de trois mois. De quoi faire interpeller sur la modification imposée par Marie-Madeleine Mborantsuo à la Constitution le 14 novembre dernier pour sauver le mandat d’Ali Bongo.

Indisponibilité illimitée

Combien de temps pourra durer cette « ’indisponibilité » décrétée par la Cour constitutionnelle en lieu et place de la vacance de pouvoir ? Si Ali Bongo va si mieux que le prétendent les autorités, pourquoi peine-t-il à poursuivre sa convalescence dans son pays ? Le Gabon a-t-il le droit de payer pour l’indisponibilité de son président ? L’homme avant la Nation ?

Autant de questions qui devraient raisonnablement amener la Cour constitutionnelle dirigée par la belle-mère d’Ali Bongo, à s’interroger sur sa fidélité à un régime ou à la mère patrie. Car, rappelons-le, toutes les décisions de cette Cour sont censées être rendues au nom du peuple gabonais, dans l’intérêt supérieur de la Nation. Cet intérêt trouvera-t-il enfin un jour grâce aux yeux de Marie Madeleine Mboranstuo et de ses 8 autres juges constitutionnels ?


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