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Après sa nomination

A peine nommé vice-président, Maganga Moussavou veut déjà violer la Constitution


Analyse
  • A peine nommé vice-président, Maganga Moussavou veut déjà violer la Constitution © 2017 D.R./Info241
Publié le 1er septembre 2017 à 07h25min

La violation de la Constitution gabonaise semble devenir au fil des ans, le sport favori d’Ali Bongo et ses obligés. En séjour cette semaine dans la ville où il entend toujours rester maire, Pierre-Claver Maganga Moussavou a annoncé aux Molvillois qu’il ne quitterait pas ses fonctions d’édile de la ville. Un désir ardent qui le mettrait en porte à faux avec l’article 14b de la Constitution qui interdit tout cumul de cette fonction avec celui de Vice-président de la République.

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C’est se connaissant sur un fauteuil éjectable au gré et à la bonne volonté d’Ali Bongo, que le nouveau Vice-président de la République, Pierre-Claver Maganga Moussavou, ne veut prendre aucun risque. Une fonction locale qu’il a du reste, eu du mal à conquérir après de nombreuses joutes municipales à l’issue incertaine. Pierre-Claver Maganga Moussavou veut donc demeurer maire de Mouila en dépit de violer la Constitution gabonaise qu’il a la semaine dernière, juré de respecter.

Vice-présidence, une fonction si éjectable

En séjour dans sa ville éponyme pour recevoir les honneurs des Molvillois suite à sa glorieuse nomination auprès d’Ali Bongo, Maganga Moussavou a lâché : « Je ne quitterai pas ma fonction de maire de la commune de Mouila ». Pour démontrer l’altruisme de sa démarche, celui qui veut demeurer cumulativement maire de Mouila et Vice-président de la République a indiqué : « mon salaire de maire va pouvoir embaucher quatre techniciens, notamment un en charge des questions de l’environnement, un juriste, un technicien des ponts et chaussées en charge de l’entretien des engins. Et, un autre pour les questions financières ».

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Ainsi, le nouveau Vice-président d’Ali Bongo ne veut rien lâcher de sa fonction locale dans la capitale provinciale de la Ngounié. Sachant sa rémunération en qualité de Vice-président de la république suffisamment généreuse, il veut montrer patte blanche en redistribuant son salaire de maire au "développement" de sa localité. De bonnes intentions qui sont loin de faire plaisir à la mère des lois que le nouveau commis de l’Etat ne semble clairement envie de violer malicieusement.

Mission 1 : violer subrepticement la Constitution

Selon la Constitution gabonaise dont les articles s’imposent tant aux citoyens lambda qu’aux puissants hommes politiques, l’article 14b est on ne peut plus clair sur le cumul de la fonction de Vice-président avec toute autre activité publique et privée : « Les fonctions de Vice-Président de la République sont incompatibles avec l’exercice de toute autre fonction publique et activité privée à caractère lucratif ».

Conseillé par juristes qu’il a consulté en outre, Maganga Moussavou tente donc par l’entourloupe de pas toucher son salaire, d’échapper au caractère lucratif de sa fonction de maire, donc de fonction publique énoncé dans cet article 14b. Une manœuvre désespérée puisque ce sera toujours lui qui aura décidé de l’utilité de son salaire de maire et que celui-ci sera dépensé toujours selon sa volonté.

La fébrilité de la collaboration Bongo-Maganga Moussavou

Au-délà de cette violation annoncée de la Constitution, on lit bien dans la manœuvre du président du Parti social démocrate (PSD, opposition modérée), la fébrilité de son union avec Ali Bongo. En effet, Ali Bongo peut le congédier à tout moment selon son bon vouloir. Ainsi, s’il renonce à son poste de maire si difficilement acquis, il se retrouverait sans attributs politiques et hop retour à la case départ ! Un futur que ne veut pas envisager le nouvel homme fort de la Vice-présidence de la république, restée vacante depuis 8 longues années au seul gré d’Ali Bongo qui violait déjà cette disposition.

Contre ce mauvais sort annoncé, Maganga Moussavou préfère donc duper la loi quant il ne violerait pas déjà expressément. Ainsi va donc cette République gabonaise et ses hommes politiques voraces qui n’hésitent pas refaire la loi à la convenance de leurs appétits politiques démesurés au grand dam des populations qu’ils disent défendre en s’attribuant ses juteuses hautes fonctions politiques.


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