placentophagie

Sert-il à quelque chose de manger son placenta ?

Sert-il à quelque chose de manger son placenta ?
Sert-il à quelque chose de manger son placenta ? © 2015 D.R./Info241

C’est la nouvelle mode des mamans « branchées », surtout aux Etats-Unis : manger son placenta pour... Pourquoi au juste ? Des chercheurs américains se sont posés la curieuse question.

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C’est la dernière mode popularisée par certaines stars : manger son placenta après l’accouchement. Ainsi en est-il allé pour la sœur de Kim Kardashian, Kourtney, ou January Jones, actrice emblématique de la série Mad Men. Même Joey Starr s’y est mis - allez savoir pourquoi - lui qui déclarait en avril 2015 sur le plateau de C’est à vous : « J’ai goûté le placenta, j’ai mangé un peu de mon fils ! »

Mais pourquoi font-ils ça ?! Outre la répugnance qu’on peut légitimement ressentir à l’idée de cuisiner cette masse informe et sanguinolante, cette nouvelle tendance a conduit des scientifiques de la Northwestern University à passer en revue la dizaine d’études ayant trait à la placentophagie pour tenter d’expliquer les bienfaits que nombre de femmes disent ressentir après l’ingestion de cet organe un peu particulier.

Car le placenta est bel et bien un organe, même s’il est spécifique à une grossesse et donc « à usage unique » en quelque sorte. Celui-ci joue un peu le rôle d’une interface entre la mère et l’enfant en les connectant aussi bien physiquement que biologiquement via le cordon ombilical qui relie le placenta au fœtus.

Des risques intrinsèques à la consommation

Lutte contre la dépression post-natale et réduction des douleurs consécutives à l’accouchement sont deux des principaux arguments avancés pour expliquer ce drôle d’appétit qui gagne certaines femmes. « Il y a beaucoup de retour de femmes qui déclarent ressentir les bénéfices de cette pratique, mais il n’y a pas eu d’étude systématique recherchant les bénéfices ou les risques d’une ingestion du placenta, explique le Dr Crystal Clark, co-auteur de l’étude qui précise que les études sur les souris ne sont pas transposables aux humains. »

« Notre sentiment est que les femmes optant pour la placentophagie – et qui devraient être autrement plus attentives à ce qu’elles ingèrent durant la grossesse et la période d’allaitement – ont pour volonté de manger quelque chose sans disposer d’aucune preuve des bénéfices et, plus important encore, des risques potentiels pour elles et leur enfant », explique Cynthia Coyle, premier auteure de l’article.

Les femmes ne savent pas ce qu’elles mangent" - Cynthia Coyle, auteure de l’étude

Si cette revue des données scientifiques publiée dans la revue Archives of Women’s Mental Health n’offre pas d’éléments de réponse définitive sur le bien fondé de cette pratique, elle rappelle que les risques intrinsèques ne devraient pas ignorés. Et pointent notamment le problème de la conservation de ce qui devient, de fait, un aliment comme les autres.

Autrement dit, tout comme la chaîne du froid doit être respectée pour un steak, elle devrait l’être pour le placenta. « Il n’existe aucune régulation sur la façon dont le placenta est stocké et préparé, explique Cynthia Coyle qui insiste : les femmes ne savent vraiment pas ce qu’elles mangent. »

Aussi, les chercheurs s’inquiètent de voir fleurir sur les forums et autres blogs toutes sortes de recettes (en lasagne, au curry, rôti, en pâté, en smoothie, etc.) À titre indicatif, sachez qu’en France, il est légalement interdit de récupérer son placenta ce qui est loin d’être le cas au Gabon.

Avec sciencesetavenir.fr

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