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Tribune libre

10 ans de pouvoir d’Ali Bongo : un management politique fondé sur une conception systémique du « 2 Décembre »


Analyse
  • 10 ans de pouvoir d’Ali Bongo : un management politique fondé sur une conception systémique du « 2 Décembre » © 2019 D.R./Info241
Publié le 24 octobre 2019 à 11h00min

Les 10 années de pouvoir d’Ali Bongo continuent d’agiter l’actualité politique nationale depuis le 16 octobre, date anniversaire de l’arrivée du fils d’Omar Bongo au pouvoir. Dans cette tribune libre, le journaliste gabonais Jean-Christian Kombila, nous livre son analyse politique élogieuse de ces 10 années de pouvoir. L’auteur évoque comme prouesse, la « révolution positive silencieuse » opérée par Ali Bongo dans le casting géopolitique du locataire de la Primature. Lecture.

Ali Bongo a multiplié les initiatives visant à faire bouger les lignes. Des actes politiques inédits ont marqué sa présidence. Un symbole : De l’Estuaire, la Primature historiquement immuable, est devenue « VOYAGEUSE ». Elle a été confiée à d’éminents compatriotes du Woleu-Ntem, de l’Ogooué Ivindo, avant de revenir de nouveau dans la capitale... Dorénavant, plus rien ne sera comme avant.

Et de facto porteuse d’une noble ambition. A savoir : Engager effectivement le Gabon sur le long chemin qui mène vers la prospérité et la liberté. Telle se présente à l’évidence cette DÉCENNIE DE MAGISTÈRE (16 octobre 2009 - 16 octobre 2019 ) d’Ali Bongo Ondimba. En effet, le moins qu’on puisse reconnaître objectivement est que l’option de développement choisie au sommet de l’Exécutif n est pas pour les craintifs qui sèment le poison et répandent la peur. Loin s’en faut.

Elle est propre au véritable leader, volontiers soumis aux critiques de l’opposition, mais qui accepte volontiers de prendre des risques devant le peuple, en privilégiant l’action, plutôt que l’immobilisme. A cet égard, l’heure du bilan d’étape ayant sonné, il est saint de relever le volontarisme naturel dont le chef de l’Etat aura fait montre depuis lors. Objectif affiché : garantir la transformation significative des infrastructures socio-économiques de base pour doper durablement la croissance économique.

Pour mieux s’en rendre compte, il faut revisiter sereinement les dates marquantes et historiques de ladite décennie. Mis à part la décision fondatrice d’interdire, dès janvier 2010 l’exportation du bois en grume, afin de favoriser la valorisation locale et qualitative des essences forestières, une série d’actes politiques à fort impact économique et social ont été posés avec justesse. Le plus retentissant, nul doute, concerne la construction du pont d’Omboué, identifiable parmi les ouvrages impressionnants de ce type à l’échelle de l’Afrique subsaharienne.

En soi, la réalisation de cette importante œuvre visant à relier cette partie de l’arrière-pays à l’ensemble du territoire national, restera dans l’Histoire comme une performance personnelle exceptionnelle accomplie par Ali Bongo Ondimba. Sa portée globale est sans conteste considérable. En lui-même, ce pont témoigne de ce souci ardent des plus hautes autorités de l’Etat à refonder la Nation gabonaise. Le vaste chantier des routes va y contribuer nécessairement. Tout comme, du reste le processus en cours, d’installation des réseaux électriques et des lignes numériques. Celles-ci sont destinées à alimenter au passage le Commerce tout en connectant le pays à la sous-région d’Afrique centrale, voire au reste du monde.

Au.fond, cette trajectoire réformatrice constitue l’axe stratégique de l’action politique présidentielle. Le contexte économique difficile aidant, au vu des précarités galopantes qui assaillent le bas-peuple, la lutte contre l’irresponsabilité à l’origine de la cupidité de certains - y compris des personnalités de premier plan et hauts fonctionnaires ou cadres reconnus comme des « Ponctionnaires » du budget de l’Etat - reste le cheval de bataille de la Justice. Mission lui a été donnée par le Conseil supérieur de la Magistrature de ne pas reculer, sans pour autant céder à la tentation du « Gouvernement des Juges ».

L’enjeu majeur, évidemment, demeure l’assainissement des Finances publiques. Dans cette perspective, la Modernisation de la vie publique participe de ce renouveau de la nation. Du moins grâce au changement nécessaire des pratiques gouvernementales, pour accompagner le renouvellement du personnel politique au service de l’Etat. L’ ouverture prononcée à l’opposition dite « patriotique et républicaine », bien que ses limites à l’ouvrage soient réelles, souligne ce souci de promouvoir un climat socio-économique et paisible propice aux affaires, voire aux investissements privés. La démarche est également digne d’intérêt. A cet égard, le modèle politique gabonais historiquement réputé consensuel, longtemps enviable dans une sous-région en proie aux convulsions, prescrit dans les faits : « Exclure durablement les groupes qui ont perdu ( une élection) nuit de toute évidence à la démocratie (gabonaise) au sens premier du terme.

A cette aune essentielle du changement notable de paradigmes, indispensable à l’Unité concrète de la Nation, le président de la République s’investit avec vigueur à » démocratiser l’appareil d’État « . Ainsi, faisant montre d’un rare courage politique, Ali Bongo Ondimba a déployé une grande énergie pour  » déverrouiller " les postes accaparés des décennies durant dans l’ Administration publique, et le secteur parapublic, par certaines communautés ethniques au détriment d’autres. Ainsi, a-t-on pu voir par exemple des natifs du Woleu-Ntem (Raymond Ndong Sima et Daniel Ona Ondo) et de l’Ogooué Ivindo (Emmanuel Issoze Ngondet) être promus au « 2 » Décembre, jadis exclusivement « réservé » aux fils de l’Estuaire.

Ce, nonobstant le fait aussi notoire, qu’avec le choix, aujourd’hui de Julien Nkoghe-Bekale comme Chef du gouvernement, tenu de hâter l’effectivité des politiques de solidarités, et en faire une dimension cruciale de son action, la tradition est de retour. D’un point de vue géopolitique interne, sinon stratégique, cette ouverture inattendue du « 2 Décembre », siège de la Primature, est également le symbole fort d’un pragmatisme réformateur. Lequel est propre à RÉINVENTER l’Unité de la Nation gabonaise. Cela, malgré la frilosité ambiante déplorable parmi certains Ministres, incapables de suivre la cadence imprimée au sommet de l’Etat, et prompts à transformer l’"Adversité politique" supposée ou réelle en « Animosité » viscérale.

En tout cas, plus rien ne sera comme avant. De même voir débarquer à Paris, un natif de la Nyanga (Ngoyo MOUSSAVOU) ou Flavien Enongoué (Ogivin) comme Ambassadeurs -.Hauts Représentants, du Gabon en France, s’inscrit dans cette révolution positive silencieuse en marche dans le pays. Enfin, bien sûr, pareilles promotions spectaculaires de cette veine touchent l’ensemble des échelons dans tous les secteurs. Ces initiatives méthodiques et mûries, projetant « Notre futur commun » pour figurer sans nuage ombrageux en première ligne des Nations civilisées, ouvertes aux migrations historiques des peuplements divers en interne, participe d’ une ferme détermination à faire évoluer les mentalités pour l’Égalité des chances et donner sens à la Justice sociale.

Ce faisant, à maints égards, et sauf à vouloir faire preuve de cécité volontaire, l’actuel chef de l’Etat est un véritable précurseur. En somme, sous un ciel politique plus ou moins orageux, surtout face à une adversité multiforme, on note à travers la nouvelle dynamique de l’institution présidentielle, se déplaçant du front de mer pour aller à la rencontre du peuple, que la présidence de la République entend redevenir le principal catalyseur des attentes légitimes et pressantes de la Nation.

Jean-Christian Kombila, journaliste indépendant et analyste politique


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